Second chapitre : la première expérience véritable


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Après l'expérience des JT Alarach, nous avons fait une pause d'un an. Le délire était fini, et la motivation pour faire un nouveau film manquait. Mais au bout de cette année, au printemps 2008, nous avons décidé de tourner un long métrage sérieux. Et nous avons donc imaginé une histoire, qu'on écrivait petit à petit, en créant des personnages, des situations, et en écoutant en permanence de la musique... Et ainsi, pendant une partie des vacances d'été, on a commencé le tournage. Le film, s'intitulant La Punition (voir la bande annonce), a été achevé en Août 2009.

Nous disposions cette fois-ci d'une caméra bas de gamme mais numérique : cela nous a permis d'une part, de pouvoir tourner les plans dans le désordre, et d'autre part, d'avoir la possibilité de faire des effets spéciaux et du montage. Grande révolution pour nous ! En effet, puisque nous manquions d'acteurs, les principaux membres d'Alarach Studios devaient jouer plusieurs personnages (environ 4 chacun), et il était inconcevable de recommencer la galère de JT Alarach III... changer de déguisement, de maquillage, de coiffure, chaque fois que, par exemple, Issam version 1 parle à Issam version 2. Afin d'éviter cet inconvénient majeur, nous avons mis en place l'organisation requise pour réaliser un film dans les règles de l'art (si j'ose dire). De l'écriture des dialogues découlaient les story-boards (bien que parfois ce fût l'inverse), et ces story-boards étaient « optimisés ». Par exemple, chacun des 60 plans d'une scène appartenait à une série, et ces séries (numérotées) correspondaient à l'ordre dans lequel on tournait. Par exemple, on faisait toutes les prises d'Issam version 1, puis toutes celles d'Issam version 2. Mais cette méthode devenait rapidement compliquée, notamment lorsque les lieux, la disponibilité des acteurs, ou encore le moment de la journée, intervenaient...

storyboard
Le story-board et optimisation de la scène 31 et 33.

Le film dure 2h, et pas une minute d'ennui ! Ça bouge, ça tire, l'histoire progresse, du suspens, des émotions, des révélations... Bref, nous en sommes fiers !

Mais le but n'est pas atteint. Il est à des années lumières d'être parfait. Des dialogues trop souvent naïfs, rigides et insipides, un rythme parfois mal géré, des plans mal choisis, des scènes bâclées dans la précipitation, un jeu d'acteur loin d'être au top... On sait qu'on peut faire mieux. Beaucoup mieux. En effet, le principal obstacle était le temps. C'était, pour les trois quarts des participants, ainsi que pour moi et Issam (réalisateurs), notre année de Terminale... avec un Baccalauréat à la clé. Et pas question de laisser tomber les études : nous avons d'ailleurs eu de bons résultats (mention très bien en S pour ma part, et assez bien en ES pour Issam). De plus, les acteurs participants n'étaient que très rarement disponibles ; il fallait faire avec. Vous ne pouvez pas vous imaginer le nombre d'imprévus qui ont fichu un weekend entier par terre, ralentissant encore et encore la progression du tournage... Pas la peine de le cacher, on a très souvent tourné en vitesse et sans avoir eu le temps de s'appliquer correctement (voire de s'impliquer pour certains, qui se reconnaîtront...).

Il faut rappeler que c'était encore Alarach Studios, et que, comme son nom l'indique, le film s'est fait à l'arrache... Les moyens étaient des plus moindres. Notre caméra était la moins chère des handycams d'Auchan, nos armes à feu sont en bois (mais très bien faites !), nos costumes ont été prêtés ou trouvés ici et là, les accessoires sont des vieilles babioles du garage où est stocké tout l'inclassable, et les lieux de tournage sont les seuls endroits où les gens ne nous cassaient pas les pieds... Mais malgré tout ça, chers lecteurs z'et lectrices, quelle aventure ! Des situations mémorables, des fous rires insoutenables, des déplacements incessants dignes du grand voyage de Phileas Fogg... Que dire de plus qu'une incroyable expérience, hors du commun et inoubliable...

Conclusion du chapitre : ça y est, la machine est en route. L'aventure commence maintenant... place à ZeverOdd Studio !!

La Punition

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