Premier chapitre : le commencement Alarach


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Vous avez du temps à perdre ? Une envie de lecture soudaine et absurde ? Une passion incommensurable pour notre histoire ? Il arrive un jour où, après avoir affronté vents et marrées, l'écriture rétrospective devient une évidence, afin de constituer une sorte d'album photo verbal.

Ce pavé qui commence un peu plus loin, et qui tient sur trois pages, c'est notre temps perdu, c'est nos envies soudaines et absurdes, et c'est notre passion incommensurable.

Voilà comment tout a commencé... Pendant les vacances de Février 2006, dans les pâturages idylliques et les petites communautés isolées et désolées de l'entourage de Montauban, Julien, Issam et moi (Thomas), nous amusions avec un téléphone portable. Et on se filmait. Afin de se voir tous les trois, nous avons posé le portable en face de nous, sur une table : c'est à ce moment là qu'est née l'idée de faire un journal télévisé. Le lendemain, nous avons fait la découverte d'une caméra à cassette dont on ignorait l'existence, et le Journal Télé Alarach a été tourné. Ce premier petit film de 40 minutes est une suite de reportages délirants, sur un quelconque personnage tout aussi lamentable, n'ayant aucun lien entre eux. Réalisé en 3 jours, avec la « caisse locale de déguisements » et autres accessoires trouvés ici et là, ce petit film n'était qu'un moyen comme un autre de passer le temps. Etant donné que nous n'étions que trois, il fallait chaque fois inventer une raison quelconque pour expliquer l'absence d'un présentateur du JT lors d'un reportage : un avait le rôle du caméraman, un autre avait le rôle du journaliste, et le dernier jouait le personnage perturbateur, objet du reportage... La caméra n'était pas numérique, donc on ne pouvait pas s'aider d'un ordinateur ; le générique n'était qu'une suite de feuilles collées les unes aux autres et défilant verticalement devant la caméra.

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Mais cette expérience a tout de même été très amusante... Nous avons donc eu envie, aux vacances suivantes, de remettre ça. Et ainsi se crée JT Alarach 2, en 8 jours, pendant les vacances de Pâques 2006. Reposant toujours sur le même principe d'une suite de reportages, il y a tout de même deux gros apports majeurs. Tout d'abord, l'apparition d'une caméra neutre ou extérieure : ce n'est plus « un membre du JT » qui filme, mais « personne ». Cela a permis de faire apparaître plus de personnages dans une scène. Ensuite, nous avons rajouté des musiques (quatre au total...), ce qui était un réel pas en avant. Enfin, certains personnages sont récurrents, et certains événements se suivent scénaristiquement, apportant une sorte d'histoire au film, et non plus une simple succession de reportages. Bien sûr, tout ça n'a pas pu bénéficier ni de montage, ni de retouches...

Après ce deuxième petit film, nous avons décidé d'en faire un « grand », dans le sens où il y aurait une véritable histoire, des personnages, des musiques, de l'action... sans oublier la dérision totale propre à notre série Alarach, et le fait qu'on ne soit que trois acteurs et qu'on jouait tous les personnages. JT Alarach III : la menace du Choump a été tourné en un an, de l'été 2006 à l'été 2007, et Alarach Studios a vu le jour.

Le tournage était une catastrophe d'un point de vue organisation... On inventait l'histoire quasiment au fur et à mesure, il n'y avait aucun dialogue de préparé... Et nous disposions toujours de cette fameuse caméra cassette dépourvue de liaison-ordinateur : chacun des plans devait être filmé dans l'ordre où il devait apparaître à l'écran. Les musiques sont beaucoup plus nombreuses (de l'ordre de la dizaine ou de la vingtaine), les plans s'enchaînent et, dans l'action, ne durent que quelques secondes, voire moins... Un point aussi important (et rigolo) est qu'absolument tout le film a été tourné dans le jardin ou dans la maison, alors que certains lieux tels qu'un commissariat, une épicerie ou encore une discothèque, devaient être représentés. Et bien entendu, la totalité des personnages et figurants sont joués par nous trois... Mais la plus « alarach » des histoires a été l'enregistrement sur DVD. Nous n'avions en effet aucun accès à l'ordinateur pour intégrer les musiques au film. Nous avons donc mis au point un dispositif très précaire : l'entrée RCA jaune du lecteur/graveur DVD était reliée à la sortie image de la caméra, et la blanche et la rouge étaient reliées à une table de mixage vieille comme le monde. A cette table de mixage étaient branchés la sortie audio de la caméra, une sortie son d'une GameCube (elle-même contrôlée sans écran, donc à l'aveuglette et au par coeur) et un poste radio pour les musiques... Pour enregistrer le film, nous devions lancer la gravure via la télécommande du DVD, puis lancer la lecture de la cassette avec la caméra. Puis, en temps réel, nous devions lancer la musique grâce au poste radio et grâce à la GameCube. Et tout cela devait être fait en une fois, sans erreur, pendant 1h40... je vous dis pas la misère. On a recommencé trois fois, la quatrième étant la bonne. Autant vous le dire de suite : il n'y a pas cent cinquante DVD !

Conclusion de ce chapitre : c'était rigolo, et ça restera gravé (c'est le cas de le dire) dans nos mémoires... pour toujours.

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